MORIA : un an après

Il y a un an, face à l’incendie de l’immense et terrible camp de Moria, nous mobilisions les citoyens dans le cadre de la campagne Europe Must Act pour marquer notre préoccupation commune concernant le sort réservé aux humains et leurs droits aux frontières de l’union européenne.

 

Le camp de Moria mettait en danger des femmes, des hommes, des enfants, n’assuraient pas un accès à l’école pour des enfants demandeurs d’asile. Ce camp était le résultat des choix politiques européens en matière d’asile.

"Un an plus tard, dans le nouveau camp de Mavrovouni, construit à la hâte sur un ancien site de tir de l’armée pour reloger les demandeurs d’asile, il ne reste plus que quelque 3 700 migrants. La réunification de certaines familles, la relocalisation, notamment des 400 mineurs non accompagnés, dans d’autres pays européens (un engagement pris par certains gouvernements après les incendies), la réduction des arrivées sur les îles grecques de 84 % en un an, mais aussi la pratique illégale des refoulements de migrants en mer Egée, ont réduit leur nombre."

Extrait d’un article du Monde daté du 9 septembre 2021 « A Lesbos, un an après les incendies du camp de Moria, le nouveau site « reste une prison »

Inauguration du camp de Zervou, nouveau modèle européen sur l’île de Samos

« A l’entrée du camp de Zervou sont positionnées des machines à rayons X, des détecteurs de métaux et des portes qui ne s’ouvrent qu’avec des cartes magnétiques. Une trentaine de policiers et d’agents d’une compagnie privée de sécurité se relaient durant la journée. Entourée de deux rangés de hautes clôtures surmontées de barbelés, de miradors, de caméras de vidéosurveillance, l’enceinte pourra accueillir jusqu’à 3 000 personnes dont 240 mineurs non accompagnés, des familles, des hommes répartis dans des quartiers distincts. (…) D’ici à l’automne 2022, quatre autres camps bâtis sur « ce modèle » doivent voir le jour, sur les îles de Leros, Kos, Chios et Lesbos.» 

Extrait d’un article du Monde daté du 21 septembre 2021 « A Samos, la Grèce inaugure des camps de haute sécurité pour les réfugiés »

C'est la terrible direction des politiques européennes en matière d’asile.

 

Nouvelles demandes d’asile de bénéficiaires de la protection internationale en Grèce.

 

Nous recevons des demandeurs d’asile, titulaires d’une protection en Grèce, qui viennent avec l’espoir de réintroduire une nouvelle demande d’asile dans un autre pays. À conditions d'accueil égales, cette démarche pourrait être considérée comme infondée. Or dans cas, il s'agit d'échapper une situation de dénuement matériel extrême.

 

Nous avons eu notamment des personnes qui ne parvenaient pas à se faire soigner en Grèce : une personne nécessitant une hospitalisation immédiate, une personne handicapée après une explosion de guerre ou encore une femme traumatisée suite à de multiples agressions dans la jungle de Moria qu’il a fallu hospitaliser aux urgences psychiatriques. Il y a aussi des familles qui désespèrent que leurs enfants ne soient pas scolarisés normalement.

 

Dans notre rapport publié en novembre 2020 sur la situation des réfugiés statutaires en Grèce, Passerell concluait que les bénéficiaires d’une protection internationale qui sont renvoyés en Grèce depuis d’autres États membres de l’UE courent un risque réel et concret de se retrouver dans un état de dénuement matériel extrême qui porterait gravement atteinte à leur santé physique ou mentale et ne leur permettrait pas de satisfaire leurs besoins les plus fondamentaux – une situation incompatible avec la dignité humaine et pouvant donc constituer un « traitement inhumain ou dégradant » au regard du droit international des droits de l’homme.

Alors qu’à plusieurs reprises, les juridictions notamment allemandes ont jugé que le renvoi vers la Grèce des réfugiés étaient susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant, les autorités luxembourgeoises continuent d’ignorer les risques majeurs pour ces personnes vulnérables et rejettent systématiquement leur demande, leur reprochant de faire du "forum shopping".

FIRES IN MORIA

Communiqué de presse Luxembourg, Dimanche 20 septembre

Luxembourg, Berlin, Varsovie, Madrid, Paris, Copenhague, Florence, Birmingham, Lisbonne, Porto, Prague, Malmö…

 

Aujourd’hui en Europe, des manifestations ont eu lieu pour demander l’évacuation totale et immédiate des camps de Lesbos, Samos, Chios, Cos et Leros.

Le camp de Moria était plus qu'un camp surpeuplé et dangereux - il avait été un élément central de la politique migratoire brutale de l'UE. Il était devenu un symbole de la manière dont l'Europe traite les personnes en déplacement. L'incendie de Moria était tout aussi horrible que prévisible. La souffrance des personnes qui ont fui l'incendie est insupportable et elle s'aggrave d'heure en heure, à moins que nous n'intervenions. C'est pourquoi nous appelons tous les gouvernements européens à agir maintenant. Nous exigeons d'évacuer immédiatement tous les réfugiés des îles grecques et de faire place à un accueil municipal à travers l'Europe.

 

Nous sommes heureux de manifester dans l’un des pays qui s’est engagé à relocaliser des mineurs non accompagnés du camp de Moria. Mais il faut aller plus loin car il ne s’agit là que d’une partie des enfants enfermés dans ces camps. Il reste d’autres enfants, nouveaux-nés, enfants de moins de 10 ans, adolescents, femmes et hommes. Tous restent enfermés là sans perspective ni dignité.

 

La pétition européenne lancée par le mouvement Europe must Act compte plus de 104 000 signatures et il est important de montrer que des citoyens se mobilisent pour soutenir un effort de solidarité européenne.

 

Au Luxembourg, plus d’une centaine de personnes se sont inscrites formellement pour s’indigner face à cette situation.

Au Knuedler, place d’Armes, sur le parvis de la Gare et dans le parc Pescatore, les citoyens se sont réunis pour former les phrases : WE HAVE PLACE, NO MORE MORIA, EVACUATE MORIA et OPEN THE CAMPS.

 

Alors que des négociations vont s’ouvrir sur un nouveau Pacte sur la migration et l'asile (après la présentation attendue mercredi prochain du projet présenté par la Commissaire Ylva Johansson), il est nécessaire de rappeler que des citoyens s’opposent au parcage, à la rétention, à l’assignation systématique d’êtres humains qui n’ont commis ni crime ni délit et qui viennent demander de la protection.

 

Les associations Passerell, ASTI, RYSE asbl, Catch a Smile et Lëtz Rise Up.

 

 

Comment agir ?         Signer la pétition européenne